« Prendre du recul » : Une compétence à acquérir…

« Prendre du recul » fait parti, à mon sens, des compétences que nous avons besoin d’acquérir dans la mesure où elle nous est indispensable pour une vie épanouissante, réussie et sereine. Pour bien le pratiquer cela passe par l’acquisition de connaissances, de savoir-être et de savoir-faire. 
Elle fait partie des compétences professionnelles tant elle est un levier d’efficacité, de performance et de bien-être au travail. Le manque de recul est, d’ailleurs, un des facteurs majeurs du stress négatif et du burn-out.

Les bénéfices sont nombreux. « Prendre du recul » nous permet de ne pas sombrer dans le défaitisme et le pessimisme, de garder confiance en soi et en la vie. Mais aussi de ne pas agir avec précipitation, de comprendre les enjeux, de trouver des solutions favorables, d’adapter son discours et de favoriser le dialogue.
Des attitudes et des comportements qui sont bénéfiques à tous les acteurs en jeu.

Cette expression, qui date du XXe siècle, s’appuie sur l’image de quelqu’un qui recule pour avoir un regard plus large ou bien qui se met sur le côté par rapport afin d’observer ce qui se présente à lui sous un autre angle.
Il s’agit d’un mouvement intérieur qui nous donne la possibilité de choisir de vivre autrement ce qui se passe.
Nous pouvons ainsi aborder une situation différemment, et souvent avec plus d’ouverture.
Sans pour autant minimiser l’importance de ce que nous vivons. Il n’est pas question d’en banaliser l’influence, mais d’en faire une ressource pour chacun.
Lorsque nous sommes confrontés à une situation difficile qui peut être soit un échec, un licenciement, une déception amoureuse ou la perte d’un être cher, nous pouvons en arriver à penser que tout est perdu, que nous sommes nuls, que nous ne méritons pas d’être aimés… Et j’en passe… Tant de pensées négatives qui peuvent nous amener à tomber dans la dépression, si nous continuons sur cette lancée.

Et puis, il y a toutes ces contrariétés, ces frustrations… Qui font partie de notre vie. Ce projet qui n’avance pas ; une décision qui donne des résultats différents de ce que l’on attendait ; un rendez-vous manqué ; une sortie annulée ; une demande refusée ; un événement qui vient chambouler l’ordre du jour, des imprévus qui s’accumulent alors que l’on est pressé, etc…
Face à ce type de difficultés rencontrées, sans une prise de recul qui nous permette de relativiser, les situations peuvent très vite prendre de telles proportions que nous pouvons être amenés à sombrer dans le découragement, la colère, l’épuisement mental et physique… Nos émotions non gérées peuvent alors nous mener à des situations lourdes de conséquences.

Il est possible de ne pas entrer, voir à sortir de ces cercles vicieux, en apprenant à prendre du recul.

Comment prendre du recul ?

Voici quelques pistes agrémentées d’exercices :

1) Observez la distance temporelle.
Face à une situation (ou un problème), posez-vous des questions qui vous permettent de la relativiser.
Comme par exemple,
Qu’est-ce que ce problème représente à l’échelle de ma vie ?
Que restera t-il de ce problème dans un an ?
La plupart du temps, il n’en restera rien dans un an. Et bien souvent, ce problème ne représente rien par rapport à l’immensité des expériences positives et négatives vécues et restant à vivre. Du coup, demandez-vous s’il est bien nécessaire de continuer à se prendre autant la tête ?

2) Prenez de la distance émotionnelle.
Il s’agit de distinguer l’objectif du subjectif, mais aussi le factuel de l’émotionnel. Bien souvent, face à une situation difficile dont on ne trouve pas la solution, plus elle dure et plus nous en faisons des tonnes. L’émotion ne fait, alors, qu’ajouter du bruit dans nos oreilles et de la fumée face à nos pensées. Elle prend alors le pas sur les faits tangibles. C’est le moment de revenir à l’essentiel et de se baser sur les faits en faisant abstraction de tout jugement. Revenir aux faits est indispensable. Cela permet de mieux évaluer les différentes options et de retrouver un peu de sérénité.
Pour cela, commencez par faire le vide de toutes les pensées parasites afin de mieux appréhender la situation. Vous concentrer pendant quelques minutes sur votre respiration peut vous y aider.

3) Regardez le bon côté des choses.
Prenez l’habitude de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

À chaque fois que la négativité vous envahie et s’empare de votre humeur, contrôlez vos pensées en trouvant un aspect agréable dans ce qui se passe.
Cet exercice peut s’avérer très efficace si vous le pratiquez quotidiennement, jusqu’à ce qu’il devienne un automatisme.
Cela peut paraître plus facile à dire qu’à faire, mais en adoptant la positive attitude, nous pouvons nous débarrasser des pensées négatives qui obstruent notre jugement et nous empêchent d’avancer de façon sereine et légère vers une solution positive.

4) Prenez le temps d’écouter votre voix intérieure.
Notre petite voix intérieure sait souvent mieux que notre raison ce qui est bon pour nous. Elle nous aide à y voir plus clair et à aller vers les bons choix sur le long terme.
Pour cela faites-vous confiance. Nous portons la solution en nous.
À titre d’exercice, je vous renvoie à mon article « Comment se centrer pour prendre de bonnes décisions ». Vous le trouverez dans la rubrique « communiquons ».

5) Sortez de votre cadre de référence
Pour changer de point de vue sur une situation, il est nécessaire de sortir de son cadre de référence. J’entends par là, sortir de nos interprétations, de nos idées reçues, de nos croyances, de nos certitudes… Pour pouvoir en générer de nouvelles. Pas toujours facile à faire, je l’avoue, car cela nous oblige à sortir de notre zone de confort. Aussi, je vous invite à vous en éloigner progressivement, pour ne pas en être trop déstabilisé. L’idée n’est en aucun cas de passer d’une difficulté à une autre.
Pour vous y aider, prenez trois feuilles blanches.
Sur la 1re, notez vos différents points de vue sur la situation.
Sur la 2e, mettez-vous mentalement à la place des personnes impliquées et notez leurs points de vue.
Prenez ensuite un temps pour ressentir comment vous vous sentez maintenant que vous êtes sorti de votre cadre de référence.
Écrivez ensuite, sur la 3e feuille, les nouvelles idées et/ou solutions qui ont émergé. Cette feuille peut être complétée durant les jours qui suivent.

N’oubliez pas qu’une pratique régulière des exercices suggérés est la clé de leur réussite.

Si vraiment vous vous trouvez dans une situation où le recul ne vous est plus possible, le coaching peut vous y aider. S’il y a bien un bénéfice à celui d’un accompagnement en coaching, c’est celui de pendre du recul sur une situation, une problématique, un contexte dans lequel nous nous pensons et nous sentons coincés et qui se fait de plus en plus oppressant.

Finalement, le recul nous permet de prendre une distance par rapport à la problématique, de faire face à nos émotions négatives, de lâcher-prise sur le cours des choses pour mieux les accepter et de mieux comprendre les autres et les événements.
Il nous apporte une chose primordiale : il nous permet d’élargir notre champ de vision afin de trouver des solutions pérennes. Le fait de mieux comprendre où nous nous situons par rapport aux autres, aux événements ou à la vie en général, nous permet de déterminer ce qui nous convient, ce qui ne nous convient plus et de tracer nos limites.
Ainsi, lorsque vient le temps de prendre une décision pour résoudre la situation, on peut alors le faire de façon à respecter nos limites et celles des autres afin de passer à autre chose et repartir sur de nouvelles bases.

À vous de jouer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *